Les bilans climatiques de l'Observatoire (suite)

Depuis le 1er janvier 2018, l’ASADAC-MDP, le CPIE Savoie Vivante et l’Agence touristique départementale de la Savoie laissent place à AGATE, Agence Alpine des Territoires, afin de mieux vous accompagner dans six grands domaines : stratégie et développement des territoires, écoute des territoires et concertation, lien aux populations, gestion des collectivités, aménagement et urbanisme, développement touristique.
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BILAN CLIMATIQUE HIVER 2017-2018

 

Cet hiver est le plus pluvieux depuis le début des mesures en 1959 ! Et en dehors de 2011/2012, on n'avait pas vu un tel enneigement depuis le début des années 80. 

Notons aussi de la douceur en janvier (2e le plus chaud !), intercalée entre des périodes de froid, de très importants cumuls de neige en altitude et un yoyo de la limite pluie-neige en dessous de 1800m.

 

 

LES TEMPERATURES

Avec un écart de +0.3°C par rapport à la normale 1961-1990 (climat passé) et -0.4°C par rapport à 1981-2010 (climat présent), l'hiver 2017/2018 se situe autour des normales, en 29e position des plus froids dans les Alpes du Nord depuis 1959.

Il a surtout été marqué par un mois de janvier extrêmement doux qui termine 2e le plus chaud dans les Alpes du Nord, en relation avec les fortes précipitations provenant d'une succession sans fin de perturbations. Les mois de décembre et février furent bien plus frais (13 et 14e les plus froids). 

Sur le long terme, le réchauffement est de +1.8°C en hiver. Plus fort en janvier et décembre (+2.4°C), c'est février qui fait toujours de la résistance avec +0.66°C depuis 1959. 

 

Evolution des températures hivernalesPostes Météo-France utilisés pour constituer l'indicateur Températures : Thônes (Massif des Aravis, 631m) ; Arêche-Beaufort (Massif du Beaufortain, 1030m) ; Bourg St Maurice (Vallée de la Tarentaise, 865m) ; Avrieux (Vallée de la Maurienne, 1102m) ; St Pierre de Chartreuse (Massif de la Chartreuse, 945m)

 

LES PRECIPITATIONS

Avec un excédent de pratiquement 100% par rapport à la moyenne, l'hiver 2017/2018 est le plus arrosé depuis 1959 en Savoie et dans les Alpes du Nord. Le mois de janvier est lui aussi le plus arrosé, ainsi que le bimestre décembre/janvier. 

On remarquera que la configuration météorologique de cet hiver fut l'exact contraire du précédent. 

 

Evolution des précipitations hivernales Postes Météo-France utilisés pour constituer l'indicateur Précipitations : Hauteluce (Massif du Beaufortain, 1215m) ; Bourg-St-Maurice (Vallée de la Tarentaise, 865m) ; Challes-les-Eaux (Cluse de Chambéry - Préalpes, 291m) ; Montgellafrey (Massif de la Lauzière - Maurienne, 1050m) ; Bessans (Vallée de la Haute Maurienne, 1715m)

 

L'ENNEIGEMENT

 L'hiver 2017/2018 (déc-fev) est le 7e le plus enneigé depuis 1959 dans les Alpes du nord suivant l'indicateur de l'Observatoire (altitudes < 1800m). Les cumuls ont été très bons en décembre et en janvier, en lien avec les importantes précipitations. Le mois de décembre est le plus enneigé des deux, car les températures ont été plus froides et les tranches d'altitudes moyennes moins soumises à la fluctuation de la limite pluie-neige. Janvier, très doux, fut un cas d'école notamment en-dessous de 2000m, avec des successions de chutes de neige puis de pluie, entraînant un lessivage constant du manteau neigeux, et des phénomènes d'écoulement inhabituels (avalanche de neige humide, etc).

En ajoutant novembre, moyennement enneigé, c'est un début d'hiver exceptionnel juste égalé apr 2012-2013 depuis 1984 (mais c'est le meilleur trimestre nov-janv depuis 1981...). 

Il est bon de rappeler que l'enneigement dépend d'abord des niveaux de précipitations, et donc de leur variabilité et de leur évolution tendancielle, et que le réchauffement des températures influe avant tout sur le ratio neige/pluie dans les basses et moyennes altitudes. C'est pourquoi il n'est pas observé de réduction significative de l'enneigement au-dessus de 2000m sur la saison hivernale (dec-fev), les températures moyennes restant suffisamment froides, mais bien au-dessous de 1800m en lien avec la remontée de la limite pluie-neige (de -40% en basse altitude à -20% entre 1500 et 1800m depuis la fin des années 1980). Ce constat - des  effets différents en fonction de l'altitude - est moins valable sur la saison hivernale (nov-avril) qui connaît une érosion plus importante de l'enneigement et ce à toute altitude (plus d'épisodes de grande douceur et moins de précipitations neigeuses, et une fonte plus importante).  

 

Evolution des cumuls hivernaux de neige 

Postes Météo-France utilisés pour constituer l'indicateur Enneigement : Megève (Val d’Arly, Massif du Beaufortain, 1080m) ; Peisey-Nancroix (Massif de la Vanoise, 1350m) ; Bessans (Vallée de la Haute-Maurienne, 1715m)

 

 

BILAN CLIMATIQUE ANNEE 2017

 

Une année très chaude jusqu'en août (record), mais suffisamment arrosée pour éviter une sécheresse digne de 2003. Celle-ci interviendra tout de même en automne. 
Les températures chutent ensuite en septembre, novembre et décembre, et l'année 2017 recule dans le classement. 

 

LES TEMPERATURES

Avec un écart de +1.6°C par rapport à la normale 1961-1990 (climat passé) et +0.75°C par rapport à 1981-2010 (climat présent), l'année 2017 est la 9e plus chaude dans les Alpes du nord depuis 1959.

Elle se situe au niveau de 2016, dans un groupe de 8 années dont les écarts à la normale tournent autour de +1.5°C, et qu'il est bien difficile de différencier dans un classement. 2017 a été une année atypique (encore !) avec un record sur la période février-octobre, la plus chaude jamais mesurée : février, mars et juin terminent d'ailleurs en 2e position, comme le printemps et l'été, et des fortes chaleurs de juin à août. On pensait donc que 2017 allait toucher les sommets... Mais cela fut sans compter sur une fin d'année froide, faisant chuter la moyenne annuelle de température.

L'année 2017 vient donc compléter cette succession d'années très chaudes depuis 2014, sans équivalent depuis le début des mesures. Sur les 48 derniers mois, 35 (soit 72%) font partis des 20 les plus chauds de leur catégorie, 20 sont dans les 10 premiers, et 7 dans les 3 premiers. Seuls deux mois ont été vraiment froids, janvier et septembre 2017...

Cette période marque ainsi le franchissement d'un nouveau seuil dans le réchauffement climatique. Attention, elle ne présage en rien l'évolution climatique sur le court terme.

La tendance linéaire atteint désormais +2.2°C depuis 1959.

 Evolution des températures annuellesPostes Météo-France utilisés pour constituer l'indicateur Températures : Thônes (Massif des Aravis, 631m) ; Arêche-Beaufort (Massif du Beaufortain, 1030m) ; Bourg St Maurice (Vallée de la Tarentaise, 865m) ; Avrieux (Vallée de la Maurienne, 1102m) ; St Pierre de Chartreuse (Massif de la Chartreuse, 945m)

 

LES PRECIPITATIONS

Un déficit de -6% par rapport la moyenne place l'année 2017 comme une année relativement sèche (22e/59), mais avec de grandes disparités entre l'automne (-55%), la période janvier-août autour des normales, et décembre avec ses +88% de précipitations - annonçant d'ailleurs l'hiver pluvieux 2017-2018 - mais contrastant totalement avec décembre 2016 qui avait battu le record de manque de pluie. 

Retenons surtout que les cumuls moyens de la première partie de l'année ont permis d'échapper à une grave sécheresse des sols (mais pas à la sécheresse hydrologique) à la vue des températures et de l'ETP record sur cette période.

 Evolution des précipitations annuellesPostes Météo-France utilisés pour constituer l'indicateur Précipitations : Hauteluce (Massif du Beaufortain, 1215m) ; Bourg-St-Maurice (Vallée de la Tarentaise, 865m) ; Challes-les-Eaux (Cluse de Chambéry - Préalpes, 291m) ; Montgellafrey (Massif de la Lauzière - Maurienne, 1050m) ; Bessans (Vallée de la Haute Maurienne, 1715m)